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Pas d'eau pour la netilat yadayim — que faire ?

En voyage, en randonnée, dans un lieu sans point d'eau : la question est ancienne et le Choulhan Aroukh lui consacre un siman entier. La réponse n'est pas « on se lave autrement » — c'est autre chose, et il vaut mieux le savoir avant de partir.

Sur cette pageÀ partir de quelle distance est-on dispensé ?Et alors, on mange comment ?⚠️ Ce qu'il ne faut surtout pas faireCelui qui sert, celui qui mange

À partir de quelle distance est-on dispensé ?

…אם אין מים מצויים לפניו ברחוק יותר מד' מילין ולאחריו מיל יטול ידיו במפה ואוכל פת או דבר שטיבולו במשקה: (או אוכל ע"י כף):Choulhan Aroukh, Orah Haïm 163:1

Les distances sont précises et asymétriques : plus de quatre milin devant soi — dans le sens de la marche — mais un seul mil en arrière. On n'est donc pas dispensé parce que « c'est loin » : le seuil fait partie de la règle.

Et alors, on mange comment ?

Le point important, et souvent mal compris : la solution n'est pas un lavage de remplacement. C'est de ne pas toucher le pain :

יטול ידיו במפה ואוכל פת או דבר שטיבולו במשקה: (או אוכל ע"י כף):Choulhan Aroukh, Orah Haïm 163:1

On enveloppe la main d'un tissu et l'on mange ainsi — le pain, ou tout aliment trempé dans un liquide. Le Rama ajoute entre parenthèses : ou en mangeant au moyen d'une cuillère.

…האחרונים נתקשו בזה דמנ"ל לרמ"א דין זה ושאני מפה שידו מכוסה משא"כ בזה שידו מגולה חיישינן טפי דילמא אתי למינגע ובא"ר יישבו בדוחק ע"ש וע"כ נראה דאם יש לו מפה יכרוך במפה דוקא:Michna Beroura 163:7

La Michna Beroura signale que les A'haronim ont eu du mal avec cette source : avec un tissu la main est couverte, avec une cuillère elle reste nue et l'on craint davantage qu'il finisse par toucher. Conclusion : si l'on a un tissu, c'est le tissu qu'il faut utiliser.

⚠️ Ce qu'il ne faut surtout pas faire

…כתב בים של שלמה דאותן שנוטלין ידיהם בלחות העשבים כשאין להם מים עבירה היא בידם שמזלזלין בנט"י וגם ברכתן לבטלה היא שאין זה נטילה כל עיקר [והביאו הפמ"ג]:Michna Beroura 163:1

Se « laver » les mains avec l'humidité des herbes faute d'eau : le Yam chel Chelomo écrit que c'est une faute — on banalise la netilat yadayim, et la bénédiction récitée dessus est une brakha levatala, prononcée en vain, car ce n'est pas du tout un lavage.

Celui qui sert, celui qui mange

המאכיל לאחרים אינו צריך נטילת ידים והאוכל צריך נטילת ידים אף על פי שאחר נותן לתוך פיו ואינו נוגע במאכל והוא הדין לאוכל במגרפה (פי' כלי שיש לו שינים פירו"ק בלע"ז) שצריך נטילת ידים…Choulhan Aroukh, Orah Haïm 163:2

Le sens est à ne pas inverser : celui qui donne à manger n'a pas besoin de se laver ; celui qui mange en a besoin — même si un autre lui met la nourriture dans la bouche et qu'il ne touche à rien. Il en va de même de celui qui mange avec une fourchette.

Et le siman se termine par une mise en garde : ואסור להאכיל למי שלא נטל ידיו משום לפני עור לא תתן מכשול — il est interdit de faire manger celui qui ne s'est pas lavé les mains, au titre de « tu ne placeras pas d'obstacle devant l'aveugle ».

Sources

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