On se lave, on lève les mains, on va couper le pain — et souvent on ne prend pas le temps de s'essuyer. Le Choulhan Aroukh traite la question en une ligne, avec une comparaison qui surprend.
וינגבם היטב קודם שיבצע שהאוכל בלי נגוב ידים כאילו אוכל לחם טמא:Choulhan Aroukh, Orah Haïm 158:12
« Qu'il les essuie bien avant de couper le pain, car celui qui mange sans s'être essuyé les mains, c'est comme s'il mangeait du pain impur. » La comparaison est du Choulhan Aroukh lui-même — ce n'est pas un simple conseil de confort.
…כתב הב"י דהיינו משום דמים הראשונים ששופך על ידיו טמאים הם שנטמאו מחמת ידיו כדלקמן בסימן קס"ב ואף דשופך מים שניים לטהר המים כדאיתא שם מ"מ לכתחלה צריך להעביר את הראשונים לגמרי ע"י ניגוב ורש"ל כתב דעיקר הניגוב הוא משום נקיות דכשידיו לחים ממי הניגוב יש בו משום מיאוס…Michna Beroura 158:45
Pour le Beit Yossef, la raison est technique : la première eau versée sur les mains est devenue impure à leur contact, et même si l'on verse une seconde eau qui la purifie, il faut lekhat'hila la faire disparaître complètement — par l'essuyage.
Pour le Maharchal, c'est plus simple : l'essentiel de l'essuyage est la propreté — des mains encore humides rendent la chose repoussante. La Michna Beroura note que Rachi va dans ce sens.
Les deux raisons cohabitent dans le texte ; aucune n'annule l'autre.
La Michna Beroura ajoute, au même endroit, un point d'usage :
…כתב המ"א בשם התשב"ץ לא ינגב ידיו בחלוקו שקשה לשכחה ועיין בפמ"ג שמסתפק אם דוקא חלוקו או כל בגדיו במשמע:Michna Beroura 158:45
Le Magen Avraham, au nom du Tashbets, rapporte qu'on ne s'essuie pas les mains à sa chemise, cela étant mauvais pour la mémoire. Et le Pri Megadim, cité juste après, se demande si cela ne vise que la chemise ou tous les vêtements — le texte laisse la question ouverte.
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