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Le kiddouch du vendredi soir — qui, sur quoi, comment

Les bougies allumées, on passe à table — et le kiddouch pose quelques questions très concrètes : qui peut le faire, faut-il se tenir debout, et surtout que faire quand il n'y a pas de vin. Cette page reprend les simanim 271 et 272.

Sur cette pageLes femmes sont obligées — et peuvent acquitter les hommesS'il faut choisir : le vin du soir avant toutDebout ou assis ?⚠️ Et s'il n'y a pas de vin ?Qu'est-ce qui compte comme boisson du pays ?Et en rentrant de la synagogue

Les femmes sont obligées — et peuvent acquitter les hommes

נשים חייבות בקידוש אע"פ שהוא מצות עשה שהזמן גרמא (פי' מצות עשה התלויה בזמן) משום דאתקש זכור לשמור והני נשי הואיל ואיתנהו בשמירה איתנהו בזכירה ומוציאות את האנשים הואיל וחייבות מן התורה כמותם:Choulhan Aroukh, Orah Haïm 271:2

C'est un point souvent mal connu, et le Choulhan Aroukh le dit sans détour. Le kiddouch est pourtant une mitsvat assé liée au temps, dont les femmes sont en général dispensées — mais ici « zakhor est rapproché de shamor » : puisqu'elles sont tenues au shamor (les interdits de Chabbat), elles le sont au zakhor. Et parce que leur obligation est de la Torah, au même titre que celle des hommes, elles peuvent les acquitter.

S'il faut choisir : le vin du soir avant tout

אם אין ידו משגת לקנות יין לקידוש ולהכין צרכי סעודה לכבוד הלילה ולכבוד היום ולקידוש היום מוטב שיקנה יין לקידוש הלילה ממה שיכין צרכי הסעודה או ממה שיקנה יין לקידוש היום והא דתניא כבוד יום קודם לכבוד לילה היינו דוקא בשאר צרכי סעודה אבל אם אין לו אלא כוס אחד לקידוש כבוד לילה קודם לכבוד יום…Choulhan Aroukh, Orah Haïm 271:3

Celui dont les moyens ne suffisent pas achète d'abord le vin du kiddouch du soir — avant les autres besoins du repas, et avant le vin du kiddouch du lendemain.

Et le Choulhan Aroukh désamorce lui-même l'objection : la beraita qui enseigne que « l'honneur du jour précède l'honneur de la nuit » ne vise que les autres besoins du repas. Quand il n'y a qu'une seule coupe, c'est la nuit qui passe devant.

Debout ou assis ?

מקדש על כוס מלא יין שלא יהיה פגום וטעון כל מה שטעון כוס של בהמ"ז ואומר ויכלו מעומד ואח"כ אומר בפה"ג ואח"כ קידוש: הגה ויוכל לעמוד בשעת הקידוש ויותר טוב לישבChoulhan Aroukh, Orah Haïm 271:10

La coupe est pleine et non pegoum (personne n'y a bu avant), et elle demande tout ce qu'exige la coupe de la birkat hamazon. L'ordre est fixé : Vayekhoulou, puis boré pri hagafen, puis le kiddouch.

Sur la posture, le Rama pose une préférence, pas une obligation : on peut rester debout pendant le kiddouch, mais il est meilleur de s'asseoir. Et il rapporte l'usage de s'asseoir même pour Vayekhoulou, en se levant un peu au début par respect.

⚠️ Et s'il n'y a pas de vin ?

C'est la question la plus mal rapportée du sujet, alors lisons-la lentement. Tout ce qui suit vaut uniquement « במקום שאין יין מצוי » — là où le vin ne se trouve pas :

במקום שאין יין מצוי י"א שמקדשין על שכר ושאר משקין חוץ מן המים וי"א שאין מקדשין ולהרא"ש בלילה לא יקדש על השכר אלא על הפת ובבקר יותר טוב לקדש על השכר שיברך עליו שהכל קודם ברכת המוציא שאם יברך על הפת תחלה אין כאן שום שינוי ודברי טעם הם…Choulhan Aroukh, Orah Haïm 272:9

Trois choses, dans l'ordre :

1. Il y a d'abord une ma'hloket : certains (yesh omrim) disent qu'on fait le kiddouch sur le chekhar et les autres boissons — sauf l'eau ; d'autres disent qu'on ne le fait pas.

2. La position « le soir, pas sur le chekhar mais sur le pain » est celle du Roch, rapportée ici par Maran — ce n'est pas une glose du Rama. Le matin, en revanche, le Roch trouve préférable le chekhar, parce qu'on récite dessus shehakol avant HaMotsi : il y a ainsi un vrai changement, ce qui n'arrive pas si l'on bénit le pain d'abord.

3. Le Rama ajoute deux choses : que c'est « le minhag répandu, comme le Roch » — et surtout que ואם יין בעיר לא יקדש על הפת, s'il y a du vin en ville, on ne fait pas le kiddouch sur le pain. Autrement dit, rien de tout cela ne s'applique à qui peut se procurer du vin.

Qu'est-ce qui compte comme boisson du pays ?

(כה) ושאר משקין - וחלב ושמן אין בכלל זה דהא אינו חמר מדינה דאין רגילין לשתותו למשקה ומ"ש חוץ מן המים ר"ל אף אם שתיית כל המקום ההוא הוא רק מים אפ"ה אין דינו לקרותו חמר מדינה עי"ז…Michna Beroura 272:25

Le lait et l'huile ne sont pas du 'hamar medina — on n'a pas l'habitude de les boire comme boisson. Quant à l'eau, la Michna Beroura est explicite : même dans un lieu où l'on ne boit que de l'eau, cela n'en fait pas pour autant une boisson du pays.

Et en rentrant de la synagogue

…כשיבא לביתו ימהר לאכול מיד:Choulhan Aroukh, Orah Haïm 271:1

Le siman s'ouvre là-dessus : en arrivant chez soi, on se hâte de manger — on ne fait pas attendre le repas de Chabbat.

Sources

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