Toutes les bénédictions ne portent pas sur ce qu'on mange. Certaines répondent à ce qu'on voit — un arbre en fleurs, un arc-en-ciel, un orage — et d'autres à ce qu'on sent. Voici les principales, avec leur texte et leurs limites.
…היוצא בימי ניסן וראה אילנות שמוציאין פרח אומר בא"י אמ"ה שלא חיסר בעולמו כלום וברא בו בריות טובות ואילנות טובות ליהנות בהם בני אדם ואינו מברך אלא פעם אחת בכל שנה ושנה ואם איחר לברך עד אחר שגדלו הפירות לא יברך עוד:Choulhan Aroukh, Orah Haïm 226:1
La bénédiction se dit en sortant aux jours de Nissan, en voyant des arbres qui produisent leurs fleurs. Le texte en donne les mots : « qui n'a rien laissé manquer à son monde, et y a créé de bonnes créatures et de bons arbres, pour que les hommes en tirent profit ».
Deux limites, toutes deux dans le même séif : elle ne se dit qu'une fois par an ; et celui qui a tardé jusqu'à ce que les fruits aient grandi ne la dit plus.
הרואה פרי חדש מתחדש משנה לשנה מברך שהחיינו אפילו רואהו ביד חבירו או על האילן ונהגו שלא לברך עד שעת אכילה…Choulhan Aroukh, Orah Haïm 225:3
Il y a ici un écart intéressant entre la lettre et l'usage. Selon la lettre, on récite shehecheyanu sur un fruit qui se renouvelle d'une année sur l'autre même en le voyant seulement — dans la main d'un autre, ou encore sur l'arbre. Mais ve-nahagou, l'usage s'est établi de ne bénir qu'au moment de manger.
Le Rama ajoute trois précisions : celui qui a béni au moment de voir n'a rien perdu ; on ne bénit pas avant que le fruit ait fini de mûrir ; et celui qui n'a pas béni à la première vue peut le faire à la seconde.
ברכת הקשת וחמה בתקופתה. ובו ב סעיפים: הרואה הקשת אומר ברוך אתה ה' אמ"ה זוכר הברית נאמן בבריתו וקיים במאמרו ואסור להסתכל בו ביותר:Choulhan Aroukh, Orah Haïm 229:1
« Celui qui voit l'arc-en-ciel dit : … qui se souvient de l'alliance, fidèle à son alliance et tenant sa parole » — et la même phrase enchaîne sur un interdit : il est défendu de le regarder longuement. La bénédiction et la retenue vont ensemble.
ברכת הזיקים. ובו ג סעיפים: על הזיקים והוא כמין כוכב היורה כחץ באורך השמים ממקום למקום ונמשך אורו כשבט ועל רעדת הארץ ועל הברקים ועל הרעמים ועל רוחות שנשבו בזעף על כל אחד מאלו אומר בא"י אמ"ה עושה מעשה בראשית ואם ירצה יאמר בא"י אמ"ה שכחו וגבורתו מלא עולם:Choulhan Aroukh, Orah Haïm 227:1
La liste est précise : les zikim — une sorte d'étoile qui file comme une flèche à travers le ciel en laissant une traînée de lumière —, les tremblements de terre, les éclairs, les tonnerres, et les vents soufflant avec violence.
Sur chacun d'eux, on dit ossé maassé bereshit — « qui fait l'œuvre de la création ». Et le Choulhan Aroukh laisse un choix : s'il le veut, il peut dire à la place shekoho ougvourato malé olam — « dont la force et la puissance emplissent le monde ». Deux formules, aucune imposée.
…אסור ליהנות מריח טוב עד שיברך קודם שיריח אבל לאחריו א"צ לברך:Choulhan Aroukh, Orah Haïm 216:1
Deux moitiés, à ne pas séparer. Il est interdit de tirer profit d'une bonne odeur avant d'avoir béni — la bénédiction se dit avant de sentir. Et après, il n'y a pas de bénédiction à réciter, contrairement à ce qui se passe pour les aliments.
C'est la même famille de bénédictions que les bessamim de la havdala.
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