C'est la bénédiction la plus fréquente de la journée, et elle soulève deux questions récurrentes : faut-il aussi dire al netilat yadayim, et y a-t-il une quantité minimale. Le Choulhan Aroukh répond aux deux, en quelques lignes.
…כל היום כשעושה צרכיו בין קטנים בין גדולים מברך אשר יצר ולא על נטילת ידים אף אם רוצה ללמוד או להתפלל מיד…Choulhan Aroukh, Orah Haïm 7:1
Deux choses dans la même phrase. D'abord : toute la journée, après ses besoins, petits ou grands. Ensuite, et c'est le point souvent mal su — on récite asher yatsar et non al netilat yadayim, même si l'on veut étudier ou prier immédiatement après. Le texte écarte donc explicitement la seconde bénédiction.
Le Rama ajoute le cas de mains devenues sales : là non plus on ne récite pas al netilat yadayim. C'est une précision qui va dans le même sens, pas une obligation nouvelle.
אין שיעור להשתין מים כי אפילו לטפה אחת חייב לברך שאם יסתם הנקב מלהוציא הטפה ההיא היה קשה לו וחייב להודות:Choulhan Aroukh, Orah Haïm 7:4
Non — et le Choulhan Aroukh explique pourquoi, ce qui est rare et vaut d'être lu : même pour une seule goutte on est tenu de bénir, « car si l'orifice se bouchait au point de ne pas laisser sortir cette goutte-là, il en souffrirait — il est donc tenu de remercier ».
C'est tout le sens de la bénédiction : elle ne porte pas sur la quantité, mais sur le fait que le corps fonctionne.
(א) מברך וכו' - ואפילו אם נמשך זמן גדול אחר עשיית הצרכים אפ"ה חייב לברך. ואם לא בירך אשר יצר עד שרוצה להטיל מים שנית דעת הפמ"ג דמקודם שיטיל יברך אשר יצר על ההטלה הראשונה אבל בש"ת הסכים בשם כמה אחרונים דאם נזכר לאחר שהתחיל לו תאוה שוב לא יברך עי"ש…Michna Beroura 7:1
Premier point, net : même longtemps après, on reste tenu de bénir.
Ensuite vient une ma'hloket sur un cas précis — celui qui n'a pas dit asher yatsar et se retrouve à devoir y retourner. Pour le Pri Megadim, il bénit d'abord, sur la première fois, avant d'y aller de nouveau. Pour le Shaaré Teshouva, au nom de plusieurs A'haronim, dès lors que le besoin est revenu, il ne bénit plus.
Les deux avis sont rapportés côte à côte ; c'est le genre de cas qui se demande à son rav.
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