Belle question, et très pratique pour des situations malheureusement fréquentes.
La réponse courte : oui, ils peuvent habiter dans la même ville — il n'y a aucun interdit de principe à cela. Mais plusieurs règles entrent en jeu selon la situation concrète.
Ce qui est interdit : les contacts physiques (kriba) et le yihoud (se retrouver seuls ensemble) s'appliquent pleinement entre divorcés. Le Tur et le Beit Yossef (Even HaEzer) précisent que toute kriba — proximité physique conduisant à l'habitude de la faute (nשיקה, contact même léger, remise d'objet de main à main) — est interdite. Ce n'est pas un minhag, c'est un din fondé sur la Torah. Le principe talmudique est explicite : "lekh lekha amrin lé-nazira" — on dit au nazir de s'éloigner de la vigne, pas de s'en approcher au bord de l'interdit.
Ce qui est permis : vivre dans la même ville, se croiser en public, coparentalité — tout cela est halakhiquement permis et même inévitable lorsqu'il y a des enfants. Il n'existe pas d'obligation halakhique de changer de ville après un divorce.
Nuance importante : si le Get a été donné en raison d'une faute morale grave (guiroush machmat averah), certains Aharonim recommandent d'éviter toute proximité régulière. Mais c'est une houmra, non un din absolu.
Le Likoutey Halachot développe l'idée que la séparation après un divorce est en elle-même un tikoun — non pas par haine, mais pour permettre à chaque âme de reconstruire son chemin propre. La distance physique aide à la distance spirituelle nécessaire.
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